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Analyse de Street Academy |
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Street Academy
Une caméra de vigilance
Pierrick a posé sa caméra; il aurait pu la poser n’importe où pour observer une humanité défilante. Cette caméra, c’est l’œil perçant qui voit, qui dit, qui associe, qui juge, qui s’introduit un peu plus profondément dans l’intimité de l’être qui est vu sans être fixé.
La neutralité de la caméra est dès lors dénoncée comme fausse : plus qu’un simple instrument de surveillance, elle nous renvoie à une de nos peurs fondamentales, la peur du jugement de l’autre.
Mais rester derrière la caméra de Pierrick, c’est aussi passer devant, dans son champ. Alors que nous sommes confortablement installés derrière elle, un malaise surgit devant la diversité et la réalité de ces vies, piquées par touches. Vies qui s’interpellent et se répondent, parfois drôlement, parfois cruellement, par l’intermédiaire du cinéaste.
Si nous n’osons pas nous reconnaître (qui ne cherche pas « sa » lune ?), il se dégage quelque chose de familier de cette ambiance. Nous déambulons nous-mêmes dans les rues… et si j’étais passé devant cette caméra ? Pierrick sait jouer de cette ambiguïté : personne n’est jugé, tout le monde l’est derrière ces visages effacés. L’anonymat est le visage de tous ; il crée alors une solidarité inouïe entre acteurs et spectateurs du film.
La caméra de Pierrick s’est faite l’avocat du diable, le Big Brother moderne ; son message de liberté s’impose d’autant plus qu’il nous a touché :
LAISSEZ-NOUS VIVRE,
SANS VIDEO SURVEILLANCE.
Oriane Barbey <<
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